‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 583 sur 785 · GÉRONTE, SCAPIN · texte numérisé non relu

GÉRONTE, SCAPIN

scapin , faisant semblant de ne pas voir Gérante. O ciel! ô disgrâce imprévue! ô misérable père! Pauvre Géronte, que feras-tu? géronte, à part. Que dit-il là de moi, avec ce visage affligé? scapin. N’y a-t-il personne qui puisse me dire où est le seigneur Géronte? géronte. Qu’y a-t-il, Scapin?

scapin, courant sur le théâtre sans vouloir entendre ni voir Géronte. Où pourrai-je le rencontrer pour lui dire cette infortune? géronte, courant après Scapin. Qu’est-ce que c’est donc? scapin. En vain je cours de tous côtés pour le pouvoir trouver. géronte. Me voici.

scapin. Il faut qu’il soit caché en quelque endroit qu’on ne puisse point deviner.

géronte, arrêtant Scapin. Holà! Es-tu aveugle , que tu ne me vois pas ! scapin. Ah! monsieur , il n’y a pas moyen de vous rencontrer. géronte. Il y a une heure que je suis devant toi. Qu’est-ce que c’est donc qu’il y a ?

scapin. Monsieur...

GÉRONTE. Quoi?

scapin. Monsieur votre fils...

géronte. Hé bien ! mon fils...

scapin. Est tombé dans une disgrâce la plus étrange du monde. géronte. Et quelle?

scapin. Je l’ai trouvé tantôt tout triste de je ne sais quoi que vous lui avez dit , où vous m’avez mêlé assez mal à propos ; et , cherchant à divertir cette tristesse, nous nous sommes allés promener sur le port. Là, entre autres plusieurs choses, nous avons arrêté nos yeux sur une galère turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bonne mine nous a invités d’y entrer, et nous a présenté la main. Nous y avons passé. Il nous a

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