‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 638 sur 785 · CLITANDRE, HENRIETTE · texte numérisé non relu

CLITANDRE, HENRIETTE

Henriette. Votre sincère aveu ne l’a pas peu surprise. ci.itandre. Elle mérite assez une telle franchise,

Et toutes les hauteurs de sa folle fierté Sont dignes, tout au moins, de ma sincérité.

Mais, puisqu’il m’est permis, je vais à votre père , Madame...

Henriette. Le plus sûr est de gagner ma mère.

Mon père est d’une humeur à consentir à tout;

Mais il met peu de poids aux choses qu’il résout :

Il a reçu du ciel certaine bonté d’ame

Qui le soumet d’abord à ce que veut sa femme ;

C’est elle qui gouverne , et, d’un ton absolu ,

Elle dicte pour loi ce qu’elle a résolu.

Je voudrois bien vous voir pour elle et pour ma tante Une aine, je l’avoue, un peu plus complaisante,

Un esprit qui, flattant les visions du leur,

Vous pût de leur estime attirer la chaleur. ci.itandre. Mon cœur n’a jamais pu, tant il est né sincère,

Même dans votre sœur, flatter leur caractère;

Et les femmes docteurs ne sont point de mon goût.

Je consens qu’une femme ait des clartés de tout;

Mais je ne lui veux point la passion choquante De se rendre savante, afin d’être savante ;

Et j’aime que souvent, aux questions qu’on fait,

Elle sache ignorer les choses qu’elle sait;

De son étude, enfin, je veux qu’elle se cache,

Et qu’elle ait du savoir sans vouloir qu’on le sache , Sans citer les auteurs, sans dire de grands mots,

Et clouer de l’esprit à ses moindres propos.

Je respecte beaucoup madame votre mère;

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