ACTE V, SCENE I
Rien n’en peut arrêter les aimables transports;
Et, bien que vos beautés condamnent mes efforts,
Je ne puis refuser le secours d’une mère Qui prétend couronner une flamme si cliere;
Et, pourvu que j’obtienne un bonheur si charmant,
Pourvu que je vous aie! il n’importe comment.
Henriette. Mais savez-vous qu’on risque un peu plus qu on ne pense ,
A vouloir sur un cœur user de violence;
Qu’il ne fait pas bien sûr , à vous le trancher net ,
D’épouser une fille en dépit quelle en ait;
Et quelle peut aller, en se v.oyant contraindre ,
A des ressentiments que le mari doit craindre? trissotin. Un tel discours n’a rien dont je sois altéré.
A tous événements le sage est préparé.
Guéri , par la raison , des foiblesses vulgaires ,
Il se met au-dessus de ces sortes d’affaires ,
Et n’a garde de prendre aucune ombre d’ennui De tout ce qui n’est pas pour dépendre de lui.
Henriette. En vérité, monsieur, je suis de vous ravie ;
Et je ne pensois pas que la philosophie
Fût si belle quelle est, d’instruire ainsi les gens
A porter constamment de pareils accidents.
Cette fermeté d’ame, à vous si singulière,
Mérite qu’on lui donne une illustre matière ,
Est digne de trouver qui prenne avec amour Les soins continuels de la mettre en son jour ;
Et comme à dire frai, je n’oserois me croire Bien propre à lui donner tout l’éclat de sa gloire ,
Je le laisse à quelque autre, et vous jure , entre nous ,
Que je renonce au bien de vous voir mon époux. trissotin, en sortant.
Nous allons voir bientôt comment ira l’affaire ; F.f l’on a là-dedans fait venir le notaire.
LES FEMMES SAVANTES