‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 683 sur 785 · CHRYSALE, CLITANDRE, HENRIETTE, MARTINE · texte numérisé non relu

CHRYSALE, CLITANDRE, HENRIETTE, MARTINE

chrysale. Ah ! ma fille , je suis bien aise de vous voir ;

Allons, venez-vous-en faire votre devoir,

Et soumettre vos vœux aux volontés d’un père.

Je veux, je veux apprendre à vivre à votre mère ;

Et, pour la mieux braver, voilà, malgré ses dents , Martine que j’amène et rétablis céans.

Henriette. Vos résolutions sont dignes de louange.

Gardez que cette humeur, mon père, ne vous change; Soyez ferme à vouloir ce que vous souhaitez ;

Et ne vous laissez point séduire à vos bontés.

Ne vous relâchez pas , et faites bien en sorte D’empêcher que sur vous ma mère ne l’emporte. curysale. Comment! me prenez-vous ici pour un benêt?

Henriette. M’en préserve le ciel!

chrysale. Suis-je un fat , s’il vous plaît ? Henriette. Je ne dis pas cela.

chrysale. Me croit-on incapable Des fermes sentiments d’un homme raisonnable ? Henriette. Non , mon père.

chrysale. Est-ce donc qu’à l’âge où je me voi ,

Je n’aurois pas l’esprit d’être maître chez moi?

HENRIETTE. Si fait.

chrysale. Et que j’aurois cette foiblesse d’ame ,

De me laisser mener par le nez à ma femme?

Henriette. Eh ! non , mon père.

chrysale. Ouais ! Qu’est-ce donc que ceci ?

Je vous trouve plaisante à me parler ainsi!

Henriette. Si je vous ai choqué , ce n’est pas mon envie. chrysale. Ma volonté céans doit être en tout suivie.

Henriette. Fort bien, mon père.

chrysale. Aucun , hors moi , dans la maison , N’a droit de commander.

Henriette. Oui ; vous avez raison.

chrysale. C’est moi qui tiens le rang de chef de la famille.

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