‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 687 sur 785 · ACTE V, SCENE · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE

chrysale. Pour mon gendre, mettez, mettez , monsieur, Clitandre. le notaire. Mettez-vous donc d’accord , et , d’un jugement mûr,

Voyez à convenir entre vous du lutur.

philamintk. Suivez, suivez , monsieur , le choix où je m’arrête , chrysale. Faites, faite? , monsieur, les choses a ma tête. i.e notaire. Dites-moi donc à qui j’obéirai des deux, pu 1 1. am inte , à Chrysale.

Quoi donc ? Vous combattrez les choses que je veux ! chrysale. Je ne saurois souffrir qu’on ne cherche ma lille

Que pour l’amour du bien qu’on voit dans ma famille. philaminte. Vraiment , à votre bien on songe bien ici!

Et c’est là pour un sage un fort digne souci! chrysale. Enfin, pour son époux , j’ai fait choix de Clitandre.

: montrant Trissotin. )

philaminte. Et moi , pour son époux , voici qui je veux prendre.

Mon choix sera suivi; c’est un point résolu. chrysale. Ouais ! Vous le prenez là d’un ton bien absolu.

Martine. Ce n’est point à la femme à prescrire , et je sommes Pour céder le dessus en toute chose aux hommes. chrysale. C’est bien dit.

Martine. Mon congé cent fois me fut-il hoc,

La poide ne doit point chanter devant le coq. chrysale. Sans doute.

Martine. Et nous voyons que d’un homme on se gausse, Quand sa femme, chez lui, porte le haut-de-chausse. chrysale. Il est vrai.

Martine. Si j’avois un mari, je le dis,

Je voudrois qu’il se fît le maître du logis :

Je ne l’aimerois point, s’il faisoit le Jocrisse ;

Et, si je contestois contre lui par caprice,

Si je parlois trop haut , je trouverois fort bon Qu’avec quelques soufflets il rabaissât mon ton. chrysale. C’est parler comme il faut.

martine. Monsieur est raisonnable De vouloir pour sa fille un mari convenable. chrysale. Oui.

martine. Par quelle raison, jeune et bien fait qu’il est,

Lui refuser Clitandre? Et pourquoi , s’il vous plaît ,

Lui bailler un savant, qui sans cesse épilogue?

Il lui faut un mari, non pas un pédagogue;

Et, ne voulant savoir le grais ni le latin,

Elle n’a pas besoin de monsieur Trissotin. chrysale. Fort bien.

78 i LES FEMMES SAVANTES,

phi laminte. Il faut sou f (Vir (ju’elle jase à son aise. martink. Les savants ne sont bons que pour prêcher en chaise ;

Et, pour mon mari , moi, mille fois je l’ai dit,

Je ne voudrois jamais prendre un homme d’esprit.

L’esprit n’est point du tout ce qu’il faut en ménage.

Les livres cadrent mal avec le mariage;

Et je veux, si jamais on engage ma foi ,

Un mari qui n’ait point d’autre livre que moi,

Qui ne sache A ne B, n’en déplaise à madame ,

Et ne soit, en un mot, docteur que pour sa femme. piiilamintf, à Chrysale.

Est-ce fait? et , sans trouble, ai-je assez écouté Votre digne interprète?

chrysale. Elle a dit vérité.

phi laminte. Et moi , pour trancher court toute cette dispute,

Il faut qu’absolument mon désir s’exécute.

( montrant Trissotin. )

Henriette et monsieur seront joints de ce pas.

Je l’ai dit , je le veux : ne me répliquez pas ;

Et , si votre parole à Clitandre est donnée,

Offrez-lui le parti d’épouser son aînée. chrysale. Voilà dans cette affaire un accommodement.

(À; Henriette et à Clitandre.)

Voyez; y donnez-vous votre consentement ?

Henriette. Hé ! mon père !

clitandre , à Chrysale. Hé ! monsieur!

bélise. On pourrait bien lui faire Des propositions qui pourroient mieux lui plaire;

Mais nous établissons une espèce d’amour Qui doit être épuré comme l’astre du jour :

La substance qui pense y peut être reçue;

Mais nous en bannissons la substance étendue.

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