‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 688 sur 785 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

A RI STE, CllRYSALE, PHILAMINTE, BÉLISE, HENRIETTE, ARMANDE, TRISSOTIN, UN NOTAIRE, CLITANDRE, MARTINE.

ariste. J’ai regret de troubler un mystère joyeux

Par le chagrin qu’il faut que j’apporte en ces lieux.

Ces deux lettres me font porteur de deux nouvelles Dont j’ai senti pour vous les atteintes cruelles ;

(à Philaminte.)

L’une, pour vous, me vient de votre procureur;

( à Chrjsdle. )

L’autre, pour vous, me vient de Lyon.

philaminte. Quel malheur, Digne de nous troubler, pourroit-on nous écrire? ariste. Cette lettre en contient un que vous pouvez lire.

philaminte. « Madame, j’ai prié monsieur votre frère de vous rendre cette •> lettre , qui vous dira ce que je n’ai osé vous aller dire. La grande né- » gligence que vous avez pour vos affaires a été cause que le clerc de » votre rapporteur ne m’a point averti, et vous avez perdu absolument » votre procès que vous deviez gagner. »

chuysalf. , à Philaminte.

Votre procès perdu!

philaminte , à Chrysale. Vous vous troublez beaucoup!

Mon cœur n’est point du tout ébranlé de ce coup.

Faites, faites paroître une ame moins commune A braver, comme moi, les traits de la fortune.

« Le peu de soin que vous avez vous coûte quarante mille écus ; et » c’est à payer cette somme, avec les dépens , que vous êtes condam- » née par arrêt de la cour. »

Condamnée ? Ali ! ce mot est choquant, et n’est fait Que pour les criminels !

ariste. Il a tort, en effet ;

Et vous vous êtes là justement récriée.

Il devoit avoir mis que vous êtes priée,

Par arrêt de la cour, de payer au plus tôt

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