‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 714 sur 785 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ARGAN, BÉLINE.

béline. Hé là, lié là ! Qu’est-ce que c’est donc? argan , se jetant dans sa chaise. Ah , ah , ah ! Je n’en puis plus. béline. Pourquoi vous emporter ainsi? Elle a cru faire bien. argan. Vous ne connoissez pas , manieur, la malice de la pendarde. Ah ! elle m’a mis tout hors de moi; et il faudra plus de huit médecines et de douze lavements pour réparer tout ceci.

LE MALADE IMAGINAIRE

beline. Là là, mon petit ami, apaisez-vous un peu. argan. Mamie, vous êtes toute ma consolation. bklinf.. Pauvre petit (ils !

argan. Pour tâcher de reconnoître l’amour que vous me portez , je veux, mon cœur, comme je vous ai dit, faire mon testament. béhne. Ah ! mon ami, ne parlons point de cela, je vous prie : je ne saurois souffrir cette pensée; et le seul mot de testament me fait tressaillir de douleur.

argan. Je vous avois dit de parler pour cela à votre notaire. beline. Le voilà là-dedans, que j’ai amené avec moi. argan. Faites-le donc entrer, mamour.

béline. Hélas! mon ami, quand on aime bien un mari, on n’est guère en état de songer à tout cela.

Page 1