‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 715 sur 785 · MONSIEUR DE BONNEFOI, BÉLINE, ARGAN · texte numérisé non relu

MONSIEUR DE BONNEFOI, BÉLINE, ARGAN

argan. Approchez , monsieur de Bonnefoi , approchez. Prenez un siège , s il vous plaît. Ma femme m’a dit, monsieur, que vous étiez fort honnête homme, et tout-à-fait de ses amis; et je l’ai chargée de vous parler pour un testament que je veux faire.

béline. Hélas! je ne suis point capable de parler de ces choses-là. monsieur DF. bonnefoi. Elle m’a , monsieur, expliqué vos intentions , et le dessein où vous êtes pour elle ; et j’ai à vous dire là-dessus , que vous ne sauriez rien donner à votre femme par votre testament argan. Mais pourquoi?

monsieur de bonnefoi. La coutume y résiste. Si vous étiez en pays de droit écrit, cela se pourroit faire : mais, à Paris, et dans les pays coutumiers, au moins dans la plupart, c’est ce qui ne se peut ; et la disposition seroit nulle. Tout l’avantage qu’homme et femme conjoints par mariage se peuvent faire l’un à l’autre, c’est un don mutuel entre vifs; encore faut-il qu’il n’y ait enfants, soit des deux conjoints, ou de 1 un d’eux , lors du décès du premier mourant. argan. Voilà une coutume bien impertinente, qu’un mari ne puisse rien laisser à une femme dont il est aimé tendrement, et qui prend de lui tant de soin! J’aurois envie de consulter mon avocat, pour voir comment je pourrois faire.

monsieur de bonnefoi. Ce n’est point à des avocats qu’il faut aller; car ils sont d’ordinaire sévères là-dessus, et s’imaginent que c’est un grand

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