‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 779 sur 785 · REMERCIEMENT AU ROI · texte numérisé non relu

REMERCIEMENT AU ROI

Le manteau d’un ruban sur le dos retroussé :

La galanterie en est grande ,

Et parmi les marquis de la plus haute bande C’est pour être placé.

Avec vos brillantes hardes Et votre ajustement,

Faites tout le trajet de la salle des gardes ;

Et, vous peignant galamment,

Portez de tous côtés vos regards brusquement ; Et ceux que vous pourrez connoître,

Ne manquez pas, d’un haut ton,

De les saluer par leur nom ,

De quelque rang qu’ils puissent être.

Cette familiarité

Donne à quiconque en use un air de qualité. Grattez du peigne à la porte De la chambre du Roi ;

Ou si, comme je prévoi,

La presse s’y trouve trop forte ,

Montrez de loin votre chapeau ,

Ou montez sur quelque chose Pour faire voir votre museau ;

Et criez sans aucune pause ,

D’un ton rien moins que naturel :

« Monsieur l’huissier, pour le marquis un tel. » Jetez-vous dans la foule, et tranchez du notable. Coudoyez un chacun , point du tout de quartier ; Pressez, poussez, faites le diable Pour vous mettre le premier ;

Et quand même l’huissier ,

A vos désirs inexorable,

Vous trouverait en face un marquis repoussable , Ne démordez point pour cela ,

Tenez toujours ferme là ;

A déboucher la porte il irait trop du vôtre,

Faites qu’aucun n’y puisse pénétrer,

Et qu’on soit obligé de vous laisser entrer,

Pour faire entrer quelque autre.

Quand vous serez entré , ne vous relâchez pas : Pour assiéger la chaise, il faut d’autres combats. . Tâchez d’en être des plus proches,

En y gagnant le terrain pas à pas;

Et si des assiégeants le prévenant amas

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