‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 780 sur 785 · REMERCIEMENT AC ROI · texte numérisé non relu

REMERCIEMENT AC ROI

En bouche toutes les approches,

Prenez le parti doucement D’attendre le prince au passage;

Il connoîtra votre visage,

Malgré votre déguisement;

Et lors, sans tarder davantage,

Faites-lui votre compliment.

Vous pourriez aisément l’étendre,

Et parler des transports qu’en vous font éclater Les surprenants bienfaits que, $ans les mériter,

Sa libérale main sur vous daigne répandre,

Et tics nouveaux efforts où s’en va vous porter L’excès de cet honneur où vous n’osiez prétendre ;

Lui dire comme vos désirs Sont, après ses bontés qui n’ont point de pareilles ,

D’employer à sa gloire, ainsi qu’à ses plaisirs Tout votre art et toutes vos veilles ,

Et là-dessus lui promettre merveilles :

Sur ce chapitre on n’est jamais à sec.

Les muses sont de grandes prometteuses !

Et comme vos sœurs les causeuses ,

Vous ne manquerez pas sans doute par le bec.

Mais les grands princes n’aiment guère |

Que les compliments qui sont courts;

El le nôtre surtout a bien d’autres affaires Que d’écouter tous vos discours.

La louange et l’encens n’est pas ce qui le touche ,

Dès que vous ouvrirez la bouche Pour lui parler de grâce et de bienfait ,

Il comprendra d’abord ce que vous voulez dire ,

Et, se mettant doucement à sourire D’un air qui sur les cœurs fait un charmant effet,

Il passera comme un trait ,

Et cela vous doit suffire.

Voilà votre compliment fait.

BOUTS-llIMÉS

COMMANDÉS SUIS I. K 1! !•'. I, A 1 li .

Que vous m’embarrassez avec votre grenouille ,

Qui traîne à ses talons le doux mot d’ ITypocras!

Je hais des bouts-rimés le puéril fatras ,

lît tiens qu’il vaudrait mieux filer une ijiienouille .

La gloire du bel air n’a rien qui me chatouille.

Vous m’assommez l’esprit avec un gros. . . . jdalras ;

lit je tiens heureux ceux qui sont morts à. . . Coulras ,

Voyant tout le papier qu’en sonnets on barbouille-

M’accable derechef la haine du cagot ,

Plus méchant mille fois que n’est un vieux. . . magot,

Plutôt qu’un bout-rimé me fasse entrer en. . . danse.

Je vous le chante clair, comme un chardonneret ,

Au bout de l’univers je fuis dans une manse ,

Adieu, grand prince , adieu ; tenez-vous. . . . guilleret.

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