REMERCIEMENT AC ROI
En bouche toutes les approches,
Prenez le parti doucement D’attendre le prince au passage;
Il connoîtra votre visage,
Malgré votre déguisement;
Et lors, sans tarder davantage,
Faites-lui votre compliment.
Vous pourriez aisément l’étendre,
Et parler des transports qu’en vous font éclater Les surprenants bienfaits que, $ans les mériter,
Sa libérale main sur vous daigne répandre,
Et tics nouveaux efforts où s’en va vous porter L’excès de cet honneur où vous n’osiez prétendre ;
Lui dire comme vos désirs Sont, après ses bontés qui n’ont point de pareilles ,
D’employer à sa gloire, ainsi qu’à ses plaisirs Tout votre art et toutes vos veilles ,
Et là-dessus lui promettre merveilles :
Sur ce chapitre on n’est jamais à sec.
Les muses sont de grandes prometteuses !
Et comme vos sœurs les causeuses ,
Vous ne manquerez pas sans doute par le bec.
Mais les grands princes n’aiment guère |
Que les compliments qui sont courts;
El le nôtre surtout a bien d’autres affaires Que d’écouter tous vos discours.
La louange et l’encens n’est pas ce qui le touche ,
Dès que vous ouvrirez la bouche Pour lui parler de grâce et de bienfait ,
Il comprendra d’abord ce que vous voulez dire ,
Et, se mettant doucement à sourire D’un air qui sur les cœurs fait un charmant effet,
Il passera comme un trait ,
Et cela vous doit suffire.
Voilà votre compliment fait.
BOUTS-llIMÉS
COMMANDÉS SUIS I. K 1! !•'. I, A 1 li .
Que vous m’embarrassez avec votre grenouille ,
Qui traîne à ses talons le doux mot d’ ITypocras!
Je hais des bouts-rimés le puéril fatras ,
lît tiens qu’il vaudrait mieux filer une ijiienouille .
La gloire du bel air n’a rien qui me chatouille.
Vous m’assommez l’esprit avec un gros. . . . jdalras ;
lit je tiens heureux ceux qui sont morts à. . . Coulras ,
Voyant tout le papier qu’en sonnets on barbouille-
M’accable derechef la haine du cagot ,
Plus méchant mille fois que n’est un vieux. . . magot,
Plutôt qu’un bout-rimé me fasse entrer en. . . danse.
Je vous le chante clair, comme un chardonneret ,
Au bout de l’univers je fuis dans une manse ,
Adieu, grand prince , adieu ; tenez-vous. . . . guilleret.