ADRASTE, H ALI , DEUX LAQUAIS
iiali. Monsieur, j’ai déjà fait quelque petite tentative; mais je...
vdraste. Ne te mets point en peine; j’ai trouvé, par hasard , tout ce que je voulois, et je vais jouir du bonheur de voir chez elle cette belle. Je me suis rencontré chez le peintre Damon , qui m’a dit qu’au jourd’hui il venoit faire le portrait de cette adorable personne; et comme il est depuis long-temps de mes plus intimes amis, il a voulu servir mes feu\ et m’envoie à sa place avec un petit mot de lettre pour me faire accepter. Tu sais que, de tout temps , je me suis plu à la peinture, et que parfois je manie le pinceau contre la coutume de France, qui ne veut pas qu’un gentilhomme sache rien faire; ainsi j’aurai la liberté de voir cette belle à mon aise. Mais je ne doute pas que mon jaloux fâcheux ne soit toujours présent et n’empêche tous les propos que nous pourrions avoir ensemble; et, pour te dire vrai, j’ai par le moyen d’une jeune esclave un stratagème pour tirer cette belle Grecque des mains de son jaloux, si je puis obtenir d’elle qu’elle y consente.
h ali. Laissez-moi faire, je veux vous faire un peu de jour à la pouvoir entretenir. Il ne sera pas dit que je ne serve de rien dans cette affaire-là. Quand allez-vous?
LE SICILIEN
adraste. Tout de ce pas, et j’ai déjà préparé toutes choses.
HAii. Je vais, de mon côté, me préparer aussi.
adraste, seul. Je ne veux point perdre de temps. Holà! Il me tarde que je ne goûte le plaisir de la voir.