DON PËDRE, ADRASTE, DEUX LAQUAIS
don pèdre. Que cherchez-vous , cavalier, dans cette maison ?
adraste. J’y cherche le seigneur don Pèdre.
don pèdre. Vous l’avez devant vous.
adraste. Il prendra , s’il lui plaît , la peine de lire cette lettre.
don pèdre. « Je vous envoie au lieu de moi , pour le portrait que vous « savez , ce gentilhomme françois , qui , comme curieux d’obliger les « honnêtes gens , a bien voulu prendre ce soin sur la proposition que «je lui en ai faite. Il est, sans contredit, le premier homme du « monde pour ces sortes d’ouvrages, et j’ai cru que je ne vous pou- « vois rendre un service plus agréable que de vous l’envoyer dans « le dessein que vous avez d’avoir un portrait achevé de la personne « que vous aimez. Gardez-vous bien surtout de lui parler d’aucune « récompense; car c’est un homme qui s’en offenseroit et qui ne fait « les choses que pour la gloire et pour la réputation. »
Seigneur François, c’est une grande grâce que vous me voulez faire , et je vous suis fort obligé.
adraste. Toute mon ambition est de rendre service aux gens de nom et de mérite.
don pèdre. Je vais faire venir la personne dont il s’agit.