‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 785 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

don ïjèdre. Le nez nie semble un peu trop gros.

adraste. J’ai lu, je ne sais où, qu’Apellc peignit autrefois une maîtresse d’Alexandre d’une merveilleuse beauté, et qu’il en devint, la peignant, si éperduement amoureux qu’il fut près d’en perdre la vie; de sorte qu’Alexandre , par générosité, lui céda l’objet doses vœux, [à don Pèdre.) Je pourvois faire ici ce qu’Apelle lit autrefois; mais vous ne feriez pas, peut-être, ce que lit Alexandre? ( Don Pèdre fait la grimace.)

Isidore, <i don Pèdre. Tout cela sent la nation, et toujours messieurs les François ont un fonds de galanterie qui se répand partout. adraste. On ne se trompe guère à ces sortes de choses , et vous avez l'esprit trop éclairé pour ne pas voir de quelle source partent les choses qu’on vous dit. Oui, quand Alexandre seroit ici, et que ce seroit votre amant, je ne pourvois m’empêcher de vous dire que je n’ai rien vu de si beau que ce que je vois maintenant, et que... don pèdre. Seigneur François, vous 11e devriez pas, ce me semble, parler; cela vous détourne de votre ouvrage. adraste. Ah! point du tout. J’ai toujours de coutume de parler quand je peins , et il est besoin , dans ces choses , d’un peu de conversation pour réveiller l’esprit et tenir les visages dans la gaîté nécessaire aux personnes que l’on veut peindre.

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