SECOND
l’avoir vue, est diabolique, et diabolique mon cerveau ; je suis un démon vêtu de chair et habillé en homme, un libertin , un impie digne d’un supplice exemplaire. Ce n’est pas assez (pic le feu expie en public mon offense, j’en serois quitte à trop bon marché ; le zèle charitable de ce galant homme de bien n’a garde de demeurer là; il ne veut point que j'aie de miséricorde auprès de Dieu , il veut absolument que je sois damné; c’est une affaire résolue.
Ce livre, Sire, a été présenté à Votre Majesté, et sans doute elle juge bien ellemême combien il m’est fâcheux de me voir exposé tous les jours aux insultes de ces messieurs ; quel tort me feront dans le monde de telles calomnies, s’il faut qu’elles soient tolérées ; et quel intérêt j’ai enfin à me purger de son imposture et à faire voir au public que ma comédie n’est rien moins que ce qu’on veut qu’elle soit. Je ne dirai point , Sire , ee que j’aurois à demander pour ma réputation et pour justifier à tout le monde l’innocence de mon ouvrage; les rois éclairés comme vous n’ont pas besoin qu’on leur marque ce qu’on souhaite; ils voient, comme Dieu, ce qu’il nous faut, et savent mieux que nous ce qu’ils nous doivent accorder. Il me suffit de mettre mes intérêts entre les mains deVotre Majesté, et j’attends d’elle, avec respect, tout ce qu’il lui plaira d’ordonner là-dessus.