‹ ŒuvresChapitre 168 sur 629 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

De quolibets d'amour votre tête est remplie,

Et vous parlez de Dieu bien moins que de Lélie.

Jetcz-moi dans le feu tous ces méchants écrits Qui gâtent tous les jours tant de jeunes esprits;

Lisez-moi, comme il faut, au lieu de ces sornettes,

Les Quatrains de Pibrac, et les doctes Tablettes Du conseiller Matthieu; l’ouvrage est de valeur,

ET plein de beaux dictons à réciter par cœur.

La Guide des pécheurs est encore un bon livre;

C’est là qu’en peu de temps on apprend à bien vivre;

Et si vous n’aviez lu que ces moralités,

Vous sauriez un peu mieux suivre mes volontés, c k l i f. . Quoi! vous prétendez donc, mon père, que j’oublie La constante amitié que je dois à Lélie?

J’aurois'tort, si, sans vous, je disposois de moi;

Mais vous-même à ses vœux engageâtes ma foi. corgibus. Lui fût-elle engagée encore davantage,

Un autre est survenu, dont le bien l’en dégage.

Lélie est fort bien fait; mais apprends qu’il n’est rien Qui ne doive céder au soin d’avoir du bien;

Que l’or donne aux plus laids certain charme pour plaire, Et que sans lui le reste est une triste affaire.

Valère, je crois bien, n’est pas de toi chéri;

Mais, s’il ne l’est amant, il le sera mari.

Plus que l’on ne le croit, ce nom d’époux engage,

Et l’amour est souvent un fruit du mariage.

Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner,

Où de droit absolu j’ai pouvoir d’ordonner?

Trêve donc, je vous prie, à vos impertinences.

Que je n’entende plus vos sottes doléances.

Ce gendre doit venir vous visiter ce soir,

Manquez un peu, manquez à le bien recevoir;

Si je ne vous lui vois faire un fort bon visage,

Je vous... Je ne veux pas en dire davantage.

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