‹ ŒuvresChapitre 179 sur 629 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Du malheureux pendard qui cause ma vergogne;

Il ne m’est point connu.

lélie, h part. Dieux! qu’aperçois-je ici?

Et, si c’est mon portrait, que dois-je croire aussi?

SGANARELLE, SUPS Voir Lélie.

Ah! pauvre Sganarelle! à quelle destinée Ta réputation est-elle condamnée!

Faut...

[J percevant Lélie qui le regarde, il se tourne, d'un autre côte.) lélie, à part. Ce gage ne peut, sans alarmer ma foi,

Être sorti des mains qui le tenoient de moi. sganarelle, à part.

Faut-il que désormais à deux doigts l’on te montre, Qu’on te mette en chansons, et qu’en toute rencontre, On te rejette au nez le scandaleux affront Qu’une femme mal née imprime sur ton front? lélie, à part. Me trompe-je?

sganarelle, à part. Ah! truande! as-tu bien le courage De m’avoir fait cocu dans la fleur de mon âge?

Et femme d’un mari qui peut passer pour beau,

Faut-il qu’un marmouset, un maudit étourneau... li'li r., h part, et regardant encore le portrait cpie tient Sganarelle.

Je ne m’abuse point; c’est mon portrait lui-même. sganarelle lui tourne le dos.

Cet homme est curieux.

lélie, h part. Ma surprise est extrême!

SGANARELLE, « part.

A qui donc en a-t-il?

lélie , h part. Je le veux acoster.

[haut.) [Sganarelle veut s'éloigner.)

Puis-je?... Eh! de grâce, un mot.

sganarelle, à part, s’éloignant encore. Que me veut-il conter? lélie. Puis-je obtenir de vous de savoir l’aventure

Qui fait dedans a’os mains trouver cette peinture? SGANARELLE , à part.

D’où lui vient ce désir? Mais je m’avise ici...

[Il examine Lélie et le portrait qu’il lient.)

Ah! ma foi! me voilà de son trouble éclairci!

Sa surprise à présent n’étonne plus mon ame;

C’est mon homme; ou plutôt, c’est celui de ma femme. lélie. Retirez-moi de peine, et dites d’où vous vient... sganarelle. Nous savons, Dieu merci, le souci qui vous tient;

Ce portrait qui vous fâche est votre ressemblance;

U étoit en des mains de votre connoissance;

Et ce n’est pas un fait qui soit secret pour nous Que les douces ardeurs de la dame et de vous.

Je ne sais pas si j’ai, dans sa galanterie,

L’honneur d’être connu de votre seigneurie;

Mais faites-moi celui de cesser désormais Un amour qu’un mari peut trouver fort mauvais; Et songez que les nœuds du sacré mariage... lélie. Quoi! celle, dites-vous, dont vous tenez ce gage... sganauelle. Est ma femme, et je suis son mari.

léeie. Son mari?

scan a k elle. Oui , son mari, vous dis-je, et mari très marri;

Vous en savez la cause, et je m’en vais l’apprendre Sur l’heure à ses parents.

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