‹ ŒuvresChapitre 208 sur 629 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

don garcie. Il est de done Ignés, à ce que je connoi. done elvire. Oui. Je m’en réjouis et pour vous et pour moi.

DON garcie lit. « Malgré l’effort d’un long mépris,

«Le tyran toujours m’aime, et, depuis votre absence, «Vers moi, pour me porter au dessein qu’il a pris,

«Il semble avoir tourné toute sa violence,

«Dont il poursuivoit l’alliance «De vous et de son fils.

«Ceux qui sur moi peuvent avoir empire,

«Par de lâches motifs qu’un faux honneur inspire, «Approuvent tous cet indigne lien.

«J’ignore encor par où finira mon martyre;

«Mais je mourrai plutôt que de consentir rien. «Puissiez-vous jouir, belle Elvire,

«D’un destin plus doux que le mien!

« Done Ignés. »

Dans la haute vertu son ame est affermie. done elvire. Je vais faire réponse à cette illustre amie.

Cependant, apprenez, prince, à vous mieux armer Contre ce qui prend droit de vous trop alarmer.

J’ai calmé votre trouble avec cette lumière,

Et la chose a passé d’une douce manière;

Mais, à n’en point mentir, il seroit des moments Où je pourrois entrer dans d’autres sentiments. don garcie. Eh quoi! vous croyez donc?...

done elvire. Je crois ce qu’il faut croire. Adieu. De mes avis conservez la mémoire;

Et s’il est vrai pour moi que votre amour soit grand , Donnez-en à mon cœur les preuves qu’il prétend. don garcie. Croyez que désormais c’est toute mon envie.

Et qu’avant qu’y manquer je veux perdre la vie.

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