ÉLISE, DON LOPE
i i isk. Tout ce que fait le prince, à parler franchement,
N’est pas ce qui me donne un grand étonnement;
Car que d’un noble amour une ame bien saisie En pousse les transports jusqu’à la jalousie;)
Que de doutes fréquents ses vœux soient traverses;
Il est fort naturel, et je l’approuve assez:
Mais ce qui me surprend, don Lopc, c’est d’entendre Que vous lui préparez les soupçons qu’il doit prendre, Que votre ame les forme, et qu’il n’est en ces lieux Fâcheux que par vos soins, jaloux que par vos yeux. Encore un coup, don Lope, une ame bien éprise,
Des soupçons qu’elle prend ne me rend point surprise; Mais qu’on ait sans amour tous les soins d’un jaloux,
C’est une nouveauté qui n’appartient qu’à vous. don lopf. Que sur eette conduite à son aise l’on glose,
Chacun règle la sienne au but qu’il se propose,
Et, rebuté par vous des soins de mon amour,
Je songe auprès du prince à bien faire ma cour. ki. isf. Mais savez-vous qu’enfm il fera mal la sienne,
S’il faut qu’en cette humeur votre esprit l’entretienne? don lope. Et quand, charmante Élise, a-t-on vu, s’il vous plaît,
Qu’on cherche auprès des grands que son propre intérêt ? Qu’un parfait courtisan veuille charger leur suite D’un censeur des défauts qu’on trouve en leur conduite?