SCÈNE PREMIÈRE
DONE ELVIRE, ÉLISE
done elvire. Élise, que dis-tu de l’étrange foiblesse
Que vient de témoigner le cœur d’une princesse?
Que dis-tu de me voir tomber si promptement De toute la chaleur de mon ressentiment?
Et, malgré tant d’éclat, relâcher mon courage Au pardon trop honteux d’un si cruel outrage? élise. Moi, je dis que d’un cœur que nous pouvons chérir,
Une injure sans doute est bien dure à souffrir;
Mais que, s’il n’en est point qui davantage irrite,
11 n’en est point aussi qu’on pardonne si vite,
Et qu’un coupable aimé triomphe à nos genoux De tous les prompts transports du plus bouillant courroux, D’autant plus aisément, madame, quand l’offense Dans un excès d’amour peut trouver sa naissance.
Ainsi, quelque dépit que l’on vous ait causé,
.Te ne m’étonne point de le voir apaisé;
Et je sais quel pouvoir, malgré votre menace,
A de pareils forfaits donnera toujours grâce. done elvire. Ali! sache, quelque ardeur qui m’impose des lois,
Que mon front a rougi pour la dernière fois;
Et que, si désormais on pousse ma colère,
Il n’est point de retour qu’il faille qu’on espère.
Quand je pourrois reprendre un tendre sentiment,
C’est assez contre lui que l’éclat d’un serment :
Car enfin, un esprit qu’un peu d’orgueil inspire,