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ACTE III, SCENE I

Trouve beaucoup de honte à se pouvoir dédire;

Et souvent, aux dépens d’un pénible combat,

Fait sur ses propres vœux un illustre attentat, S’obstine par honneur, et n’a rien qu’il n’immole A la noble fierté de tenir sa parole.

Ainsi, dans le pardon que l’on vient d’obtenir,

Ne prends point de clartés pour régler l’avenir;

Et, quoi qu’à mes destins la fortune prépare,

Crois que je ne puis être au prince de Navarre,

Que de ces noirs accès qui troublent sa raison Il n’ait fait éclater l’entière guérison,

Et réduit tout mon cœur, que ce mal persécute,

A n’en plus redouter l’affront d’une rechute. élise. Mais quel affront nous fait le transport d’un jaloux?

noxF. elyire. En est-il un qui soit plus digne de courroux?

Et, puisque notre cœur fait un effort extrême Lorsqu’il se peut résoudre à confesser qu’il aime, Puisque l’honneur du sexe, en tout temps rigoureux, Oppose un fort obstacle à de pareils aveux,

L’amant qui voit pour lui franchir un tel obstacle Doit-il impunément douter de cet oracle?

Et n’est-il pas coupable, alors qu’il ne croit pas Ce qu’on ne dit jamais qu’après de grands combats? ÉLiSF.. Moi, je tiens que toujours un peu de défiance En ces occasions n’a rien qui nous offense;

Et qu’il est dangereux qu’un cœur qu’on a charmé Soit trop persuadé, madame, d’être aimé,

donf. fi. vire. N’en disputons plus. Chacun a sa pensée.

C’est un scrupule enfin dont mon ame est blessée; Et, contre mes désirs, je sens je ne sais quoi Me prédire un éclat entre le prince et moi,

Qui, malgré ce qu’on doit aux vertus dont il brille...

Mais, é> ciel! en ces lieux don S vive de Castille!

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