‹ ŒuvresChapitre 222 sur 629 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Mais, après mes efforts, ma constanee abattue Voit un cours nécessaire à ce mal qui me tue;

Et, dût être mon sort à jamais malheureux,

Je ne puis renoncer à l’espoir de mes vœux.

Je ne saurois souffrir l’épouvantable idée De vous voir par un autre à mes yeux possédée;

Et le flambeau du jour, qui m’offre vos appas,

Doit avant cet hymen éclairer mon trépas.

Je sais que je trahis une princesse aimable;

Mais, madame, après tout, mon cœur est-il coupable?

Et le fort ascendant que prend votre beauté,

Laisse-t-il aux esprits aucune liberté?

Hélas! je 6uis ici bien plus à plaindre qu’elle:

Son cœur, en me perdant, ne perd qu’un infidèle;

D’un pareil déplaisir on se peut consoler;

Mais moi, par un malheur qui ne peut s’égaler,

J’ai celui de quitter une aimable personne,

Et tous les maux encor que mon amour me donne. done elvire. Vous n’avez que les maux que vous voulez avoir,

Et toujours notre cœur est en notre pouvoir.

Il peut bien quelquefois montrer quelque foiblesse;

Mais enfin sur nos sens la raison, la maîtresse...

Page 1