‹ ŒuvresChapitre 224 sur 629 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

DOSE KLV1RE.

Et si je veux l’aimer, m’en empêcherez- vous? Avez-vous sur mon cœur quelque empire à prétendre?

Et, pour régler mes vœux, ai-je votre ordre à prendre? Sachez que trop d’orgueil a pu vous décevoir,

Si votre cœur sur moi s’est cru quelque pouvoir;

Et que mes sentiments sont d’une ame trop grande Pour vouloir les cacher, lorsqu’on me les demande.

Je ne vous dirai point si le comte est aimé;

Mais apprenez de moi qu’il est fort estimé;

Que ses hautes vertus, pour qui je m’intéresse,

Méritent mieux que vous les vœux d’une princesse;

Que je garde aux ardeurs, aux soins qu’il me fait voir, Tout le ressentiment qu’une ame puisse avoir;

Et que, si des destins la fatale puissance M’ôte la liberté d’être sa récompense,

Au moins est-il en moi de promettre à ses vœux, Qu’on ne me verra point le butin de vos feux,

Et, sans vous amuser d’une atteinte frivole,

C’est à quoi je m’engage, et je tiendrai parole.

Voilà mon cœur ouvert, puisque vous le voulez,

Et mes vrais sentiments à vos yeux étalés. Êtes-vous satisfait? Et mon ame attaquée S’est-elle, à votre avis, assez bien expliquée? Voyez, pour vous ôter tout lieu de soupçonner, S’il reste quelque jour encore à vous donner. a don Sylve. Cependant, si vos soins s’attachent à me plaire.

Songez que votre bras, comte, m’est nécessaire;

Et, d’un capi’icieux quels que soient les transports, Qu’à punir nos tyrans il doit tous ses efforts. Fermez l’oreille enfin à toute sa furie,

Et, pour vous y porter, c’est moi qui vous en prie.

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