ACTE III, SCÈNE IV
D’en avoir pour témoins les yeux de ce rival;
Et mes prétentions hautement étouffées,
A vos vœux triomphants sont d’illustres trophées. Goûtez à pleins transports ce bonheur éclatant;
Mais sachez qu’on n’est pas encore où l’on prétend.
La fureur qui m’anime a de trop justes causes,
Et l’on verra peut-être arriver bien des choses.
Un désespoir va loin quand il est échappé,
Et tout est pardonnable à qui se voit trompé.
Si l’ingrate à mes yeux, pour flatter votre flamme,
A jamais n’être à moi vient d’engager son ame,
Je saurai bien trouver, dans mon juste courroux,
Les moyens d’empêcher qu’elle ne soit à vous, nox Alphonse. Cet obstacle n’est pas ce qui me met en peine.
Nous verrons quelle attente en tout cas sera vaine;
Et chacun, de ses feux, pourra, par sa valeur,
Ou défendre la gloire, ou venger le malheur.
Mais comme, entre rivaux, l’ame la plus posée A des termes d’aigreur trouve une pente aisée,
Et que je ne veux point qu’un pareil entretien Puisse trop échauffer votre esprit et le mien,
Prince, affranchissez-moi d’une gêne secrète,
Et me donnez moyen de faire ma retraite. don garcie. Non, non, ne craignez point qu’on pousse votre esprit A violer ici l’ordre qu’on vous prescrit.
Quelque juste fureur qui me presse et vous flatte.
Je sais, comte, je sais quand il faut qu’elle éclate.
Ces lieux vous sont ouverts: oui, sortez-en, sortez Glorieux des douceurs que vous en remportez;
Mais, encore une fois, apprenez que ma tête Peut seule dans vos mains mettre votre conquête. don Alphonse. Quand nous en serons là, le sort en notre bras De tous nos intérêts videra les débats.