‹ ŒuvresChapitre 243 sur 629 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DON ALPHONSE, cru don Syh>e , DONE ELVIRE, DONE IGNÉS, déguisée en homme , ÉLISE.

done elvire. Avant que vous parliez, je demande instamment

Que vous daigniez, seigneur, m’écouter un moment.

Déjà la renommée a jusqu’à nos oreilles Porté de votre bras les soudaines merveilles;

Et j’admire avec tous comme en si peu de temps Il donne à nos destins ces succès éclatants.

Je sais bien qu’un bienfait de cette conséquence Ne sauroit demander trop de reconnoissance,

Et qu’on doit toute chose à l’exploit immortel Qui replace mon frère au trône paternel.

Mais, quoi que de son cœur vous offrent les hommages, Usez en généreux de tous vos avantages,

Et ne permettez pas que ce coup glorieux Jette sur moi, seigneur, un joug impérieux;

Que votre amour, qui sait quel intérêt m’anime, S’obstine à triompher d’un refus légitime,

Et veuille que ce frère, où l’on va m’exposer,

Commence d’être roi pour me tyranniser.

Léon a d’autres prix dont, en cette occurrence,

Il peut mieux honorer votre haute vaillance;

Et c’est à vos vertus faire un présent trop bas,

Que vous donner un cœur qui ne se donne pas.

Peut-on être jamais satisfait en soi-même,

Lorsque par la contrainte on obtient ce qu’on aime ? C’est un triste avantage, et l’amant généreux A ces conditions refuse d’être heureux;

Il ne veut rien devoir à cette violence Qu’exercent sur nos cœurs les droits de la naissance,

Et pour l’objet qu’il aime est toujours trop zélé,

Pour souffrir qu’en victime il lui soit immolé.

Ce n’est pas que ce cœur, au mérite d’un autre Prétende réserver ce qu’il refuse au vôtre;

Non, seigneur, j’en réponds, et vous donne ma loi

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