‹ ŒuvresChapitre 259 sur 629 · ACTE I, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VI

Et, du nom de mari fièrement se parants,

Leur rompent en visière aux yeux des soupirants. On en sait, disent-ils, prendre ses avantages;

Et l’aigreur de la dame à ces sortes d’outrages, Dont la plaint doucement le complaisant témoin, Est un champ à pousser les choses assez loin;

En un mot, ce vous est une attente assez belle, Que la sévérité du tuteur d’Isabelle.

valère. Mais depuis quatre mois que je l’aime ardemment, Je n’ai pour lui parler pu trouver un moment. ergaste. L’amour rend inventif; mais vous ne l’êtes guère,

Et si j’avois été...

valère. Mais qu’aurois-tu pu faire, Puisque sans ce brutal on ne la voit jamais;

Et qu’il n’est là-dedans servantes ni valets Dont, par l’appât flatteur de quelque récompense, Je puisse pour mes feux ménager l’assistance?

ergaste. Elle ne sait donc pas encor que vous l’aimez? valère. C’est un point dont mes vœux ne sont pas informés.

Partout où ce farouche a conduit cette belle,

Elle m’a toujours vu comme une ombre après elle, Et mes regards aux siens ont tâché chaque jour De pouvoir expliquer l’excès de mon amour.

Mes yeux ont fort parlé; mais qui me peut apprendre Si leur langage enfin a pu se faire entendre? f.rgaste. Ce langage, il est vrai, peut être obscur parfois,

S’il n’a pour truchement l’écriture ou la voix. valère. Que faire pour sortir de cette peine extrême,

Et savoir si la belle a connu que je l’aime?

Dis-m’en quelque moyen.

ergaste. C’est ce qu’il faut trouver :

Entrons un peu chez vous afin d’y mieux rêver.

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