‹ ŒuvresChapitre 268 sur 629 · ACTE II, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX

Je voudrois bien qu’on fit de la coquetterie Comme de la guipure et de la broderie!

J’ai voulu l’acheter, l’édit, expressément,

Afin que d’Isabelle il soit lu hautement;

Et ce sera tantôt, n’étant plus occupée,

Le divertissement de notre après-soupée.

(apercevant Valero. )

Envoierez-vous encor, monsieur aux blonds cheveux, Avec des boîtes d’or des billets amoureux?

Vous pensiez bien trouver quelque jeune coquette, Friande de l’intrigue, et tendre à la fleurette?

Vous voyez de quel air on reçoit vos joyaux? Croyez-moi, c’est tirer votre poudre aux moineaux. Elle est sage, elle m’aime, et votre amour l’outrage; Prenez visée ailleurs, et troussez-moi bagage. valère. Oui, oui, votre mérite, à qui chacun se rend,

Est à mes vœux, monsieur, un obstacle trop grand; Et c’est folie à moi, dans mon ardeur fidèle,

De prétendre avec vous à l’amour d’Isabelle. ssanarelle. Il est vrai, c’est folie.

valère. Aussi n’aurois-je pas Abandonné mon cœur à suivre ses appas,

Si j’avois pu savoir que ce cœur misérable Dût trouver un rival comme vous redoutable. sganareli.e. Je le crois.

valère. Je n’ai garde à présent d’espérer;

Je vous cède, monsieur, et c’est sans murmurer. sgawarelle. Vous faites bien.

valère. Le droit de la sorte l’ordonne;

Et de tant de vertus brille votre personne,

Que j’aurois tort de voir d’un regard de courroux Les tendres sentiments qu’Isabelle a pour vous. soan ar elle. Cela s’entend.

valère. Oui, oui, je vous quitte la place:

Mais je vous prie au moins, et c’est la seule grâce, Monsieur, que vous demande un misérable amant Dont vous seul aujourd’hui causez tout le tourment, Je vous conjir e donc d’assurer Isabelle Que, si depuis trois mois mon cœur brûle pour elle, Cette amour est sans tache, et n’a jamais pensé A rien dont son honneur ait lieu d’étre offensé.

SCAN AR El. LE. Ollî.

valère. Que, ne dépendant que du choix de mon ame,

L’ÉCOLE DES MARIS

Tous mes desseins étoient de l’obtenir pour femme,

Si les destins, en vous qui captivez son cœur, N’opposoient un obstacle à cette juste ardeur. sganarelle. Fort bien.

v alère . Que, quoi qu’on fasse, il ne lui faut pas croire Que jamais ses appas sortent de ma mémoire;

Que, quelque arrêt des cieux qu’il me faille subir,

Mon sort est de l’aimer jusqu’au dernier soupir;

Et que, si quelque chose étouffe mes poursuites,

C’est le juste respect que j’ai pour vos mérites, su an a r elle. C’est parler sagement; et je vais de ce pas Lui faire ce discours qui ne la choque pas;

Mais, si vous me croyez, tâchez de faire en sorte Que de votre cerveau cette passion sorte.

Adieu.

ergaste, a Valère. La dupe est bonne!

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