‹ ŒuvresChapitre 297 sur 629 · Scène à scène averti de ce qui s’alloit faire · texte numérisé non relu

Scène à scène averti de ce qui s’alloit faire

Et jusques à des vers qu’il en savoit par cœur,

Il me les récitoit tout haut avant l’acteur.

J’avois beau m’en défendre, il a poussé sa chance,

Et s’est devers la fin levé long-temps d’avance;

Car les gens du bel air, pour agir galamment,

Se gardent bien surtout d’ouïr le dénouement.

Je rendois grâce au ciel, et croyois, de justice,

Qu’avec la comédie eût fini mon supplice;

Mais, comme si c’en eût été trop bon marché,

Sur nouveaux frais mon homme à moi s’est attaché,

M’a conté ses exploits, ses vertus non communes,

Parlé de ses chevaux, de ses bonnes fortunes,

Et de ce qu’à la cour il a voit de faveur,

Disant qu’à m’y servir il s’offroit de grand cœur.

Je le remerciois doucement de la tête,

Page 1