‹ ŒuvresChapitre 301 sur 629 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LISANDRE, ÉRASTE.

lis ANDRE. Sous ccs arbres de loin mes yeux t’ont reconnu,

Cher marquis, et d’abord je suis à tui venu.

Comme à de mes amis, il faut que je te chante Certain air que j’ai fait de petite courante,

Qui de toute la cour contente les experts,

Et sur qui plus de vingt ont déjà fait des vers.

J’ai le bien, la naissance, et quelque emploi passable, Et fais ligure en France assez considérable;

Mais je ne voudrois pas, pour tout ce que je suis, N’avoir point fait cet air qu’ici je te produis.

(7/ prélude.') La, la, hem, hem! Écoute avec soin, je te prie.

[Il chante sa courante.)

N’est-elle pas belle?

éraste. Ah!

lisandre. Cette lin est jolie.

[Il rechante la fin quatre ou cinq fois de suite.) Comment la trouves-tu?

éraste. Fort belle, assurément.

lisandre. Les pas que j’en ai faits n’ont pas moins d’agrément, Et surtout la figure a merveilleuse grâce.

[Il chante, parle et danse tout ensemble, et fait faire à Eraste les figures de la femme. )

Tiens, l’homme passe ainsi; puis la femme repasse:

Ensemble; puis on quitte, et la femme vient là. Vois-tu ce petit trait de feinte que voilà?

Ce fleuret? ces coupés courant après la belle? Dos à dos, face à face, en se pressant sur elle. Que t’en semble, marquis?

Page 1