ACTE II, SCÈNE VII. Ü
Une part de mes chiens se sépare de l’autre;
Et je les vois, marquis, comme tu peux penser,
Chasser tous avec crainte, et Finaut balancer.
U se rabat soudain, dont j’eus l’ame ravie;
Il empaume la voie; et moi, je sonne et crie:
A Finaut! «à Finaut! j’en revois à plaisir Sur une taupinière, et re-sonne à loisir.
Quelques chiens revenoient à moi, quand, pour disgrâce, Lejeune cerf, marquis, à mon campagnard passe.
Mon étourdi se met à sonner comme il faut,
Et crie à- pleine voix: Tayaut! tayaut! tayaut!
Mes chiens me quittent tous, et vont à ma pécore;
J’y pousse, et j’en revois dans le chemin encore;
Mais à terre, mon cher, je n’eus pas jeté l’œil,
Que je connus le change et sentis un grand deuil.
.l’ai beau lui faire voir toutes les différences Des pinces de mon cerf et de scs connoissances,
Il me soutient toujours, en chasseur ignorant,
Que c’est le cerf de meute; et, par ce différend,
Il donne temps aux chiens d’aller loin. J’en enrage,
Et, pestant de bon cœur contre le personnage,
Je pousse mon cheval et par haut et par bas,
Qui plioit des gaulis aussi gros que le bras:
Je ramène les chiens à ma première voie,
Qui vont, en me donnant une excessive joie,
Requérir notre cerf, comme s’ils l’eussent vu.
Us le relancent; mais ce coup est-il prévu?
A te dire le vrai, cher marquis, il m’assomme;
Notre cerf relancé va passer à notre homme,
Qui, croyant faire un trait de chasseur fort vanté,
D’un pistolet d’arçon qu’il avoit apporté,
Lui donne justement au milieu de la tète,
Et de fort loin me crie : Ah! j’ai mis bas la bête!
A-t-on jamais parlé de pistolets, bon dieu!
Pour courre un cerf? Pour moi, venant dessus le lieu,
J’ai trouvé l’action tellement hors d’usage,
Que j’ai donné des deux à mon cheval, de rage,
Et m’en suis revenu chez moi toujours courant,
Sans vouloir dire un mot à ce sot ignorant. i raste. Tu ne pouvois mieux faire, et ta prudence est rare:
C’est ainsi des fâcheux qu’il faut qu’on se sépare.
Adieu.
dorante. Quand tu voudras nous irons quelque part,