‹ ŒuvresChapitre 357 sur 629 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

ARN O LP IIE, seul.

Je ne puis faire mieux que d’en faire ma femme. Ainsi que je voudrai, je tournerai cette ame;

Comme un morceau de cire entre mes mains elle est Et je lui puis donner la forme qui me plaît.

Il s’en est peu fallu que, durant mon absence,

On ne m’ait attrapé par son trop d’innocence;

Mais il vaut beaucoup mieux, à dire vérité,

Que la femme qu’on a pèche de ce côté.

De ces sortes d’erreurs le remède est facile.

Toute personne simple aux leçons est docile;

Et, si du bon chemin on l’a fait écarter,

Deux mots incontinent l’y peuvent rejeter.

Mais une femme habile est bien une autre bète : Notre sort ne dépend que de sa seule tête;

De ce qu’elle s’y met rien ne la fait gauchir,

Et nos enseignements ne font là que blanchir :

Son bel esprit lui sert à railler nos maximes,

A se faire souvent des vertus de ses crimes,

Et trouver, pour venir à ses coupables fins,

Des détours à duper l’adresse des plus lins.

Pour se parer du coup en vain on se fatigue :

Une femme d’esprit est un diable en intrigue;

Et, dès que son caprice a prononcé tout bas L’arrêt de notre honneur, il faut passer le pas : Beaucoup d’honnêtes gens en pourroient bien que dii Enfin mon étourdi n’aura pas lieu d’en rire;

Par son trop de caquet il a ce qu’il lui faut.

Voilà de nos François l’ordinaire défaut :

Dans la possession d’une bonne fortune,

Le secret est toujours ce qui les importune;

Et la vanité sotte a pour eux tant d’appas Qu’ils se pendroient plutôt que de ne causer pas.

HORACE

ARNOI.PÏIE.

HORACE

AR NOLPHE.

ARNOLPHE

ARNOLPHE

HORACE

ARNOI.PHE.

HORACE

L’ÉCOLE DES FEMMES

Oh! que les femmes sont du diable bien tentées Lorsqu’elles vont choisir ces têtes éventées!

Et que... Mais le voici... Cachons-nous toujours bien,

Et découvrons un peu quel chagrin est le sien.

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