‹ ŒuvresChapitre 358 sur 629 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

HORACE, ARNOLPHE

Je reviens de chez vous, et le destin me montre Qu’il n’a pas résolu que je vous y rencontre.

Mais j’irai tant de fois qu’enlin quelque moment...

Eh! mon dieu! n’entrons point dans ce vain compliment: Rien ne me fâche tant que ces cérémonies;

Et, si l’on m’en croyoit, elles seroient bannies.

C’est un maudit usage; et la plupart des gens Y perdent sottement les deux tiers de leur temps.

Mettons donc sans façon, (lise courre.') Eh bien ! vos amourettes.. . Puis-je, seigneur Horace, apprendre où vous en êtes?

J’étois tantôt distrait par quelque vision;

Mais depuis là-dessus j’ai fait réflexion.

De vos premiers progrès j’admire la vitesse,

Et dans l’événement mon aine s’intéresse.

Ma foi! depuis qu’à vous s’est découvert mon cœur,

Il est à mon amour arrivé du malheur.

Oh! oh! comment cela?

horace. La fortune cruelle A ramené des champs le patron de la belle.

Quel malheur!

horace. Et de plus, à mon très grand regret,

Il a su de nous deux le commerce secret.

D’où diantre a-t-il sitôt appris cette aventure?

Je ne sais; mais enfin c’est une chose sûre.

Je pensois aller rendre, à mon heure à peu près,

Ma petite visite à ses jeunes attraits,

Lorsque, changeant pour moi de ton et de visage,

Et servante et valet m’ont bouché le passage,

Et d’un «Retirez-vous, vous nous importunez,»

M’ont assez rudement fermé la porte au nez.

La porte au nez!

horace. Au nez.

arnolphe. La chose est un peu forte!

J’ai voulu leur parler au travers de la porte;

Mais à tous mes propos ce qu’ils ont répondu,

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