ENRIQUE, ORONTE, CHRYSALDE, HORACE, ARNOLPHE
( Horace et Arnolphe se retirent dans un coin du théâtre , et parlent bas
ensemble.)
enrique, à Çhrysalde.
Aussitôt qu’à mes yeux je vous ai vu paroître,
Quand on ne m’eût rien dit, j’aurois su vous connoître.
Je vous vois tous les traits de cette aimable sœur Dont l’hymen autrefois m’avoit fait possesseur;
Et je serois heureux, si la Parque cruelle M’eût laissé ramener cette épouse fidèle,
Pour jouir avec moi des sensibles douceurs De revoir tous les siens après nos longs malheurs.
Mais, puisque du destin la fatale puissance
472 L’ÉCOLE DES FEMMES
Nous prive pour jamais de sa chère présence. Tâchons de nous résoudre, et de nous contenter Du seul fruit amoureux qui m’en est pu rester.
Il vous touche de près; et, sans votre suffrage, J’aurois tort de vouloir disposer de ce gage.
Le choix du fils d’Oronte est glorieux de soi;
Mais il faut que ce choix vous plaise comme à moi. chrysalde. C’est de mon jugement avoir mauvaise estime,
Que douter si j’approuve un choix si légitime. arnolphe, à part, à Horace.
Oui, je vais vous servir de la bonne façon. uorace , à part, à Arnolphe.
Gardez encore un coup...
arnolphe, à Horace. N’ayez aucun soupçon.
(. Arnolphe quitte Horace pour aller embrasser Oronte.) oronte, à Arnolphe.
Ah! que cette embrassade est pleine de tendresse!