‹ ŒuvresChapitre 428 sur 629 · PANCRACE, SGANARELLE · texte numérisé non relu

PANCRACE, SGANARELLE

pancrace, se tournant du coté par où il est entré, et sans voir Sganarelle. Allez, vous êtes un impertinent, mon ami, un homme ignare de toute bonne discipline, bannissable de la république des lettres. sganarelle. Ah! bon. En voici un fort à propos.

pancrace, de meme , sans voir Sganarelle. Oui, je te soutiendrai par vives raisons, je te montrerai par Aristote, le philosophe des philosophes , que tu es un ignorant, un ignorantissime, ignorantifiant et ignorantiûé, par tous les cas et modes imaginables. sganarelle, à part. Il a pris querelle contre quelqu’un, (à Pancrace.) Seigneur...

pancrace, de meme, sans voir Sganarelle. Tu veux te mêler de raisonner et tu ne sais pas seulement les éléments de la raison. sganarelle, a part. La colère l’empêche de me voir, (à Pancrace.) Seigneur...

pancrace, de même, sans voir Sganarelle. C’est une proposition condamnable dans toutes les terres de la philosophie. sganarelle, à part. Il faut qu’on l’ait fort irrité. (<ï Pancrace.) Je... pancrace, de même , sans voir Sganarelle. Toto cœlo, totd via aberras. sganarelle. Je baise les mains à monsieur le docteur. pancrace. Serviteur.

sganarelle. Peut-on?...

pancrace, se retournant vers l’endroit par où il est entré. Sais-tu bien ce que tu as fait? un syllogisme in Bcdorclo.

SGANARELLE. Je VOUS...

LE MARIAGE FORCÉ

pancrace j de même. La majeure en est inepte, la mineure impertinente, et la conclusion ridicule.

SGANARELLE. Je...

pancrace, de même. Je crèverois plutôt que d’avouer ce que tu dis; et je soutiendrai mon opinion jusqu’à la dernière goutte de mon encre. SGANARELLE. Puis-je...

pancrace, de même. Oui, je défendrai cette proposition, pugnis et calcibus, unguibus et rostro.

sgan arei.le. Seigneur Aristote, peut-on savoir ce qui vous met si fort en colère?

pancrace. Un sujet le plus juste du monde. sganareli.e. Et quoi , encore?

pancrace. Un ignorant m’a voulu soutenir une proposition erronée, une proposition épouvantable, effroyable, exécrable. sganarelle. Puis-je demander ce que c’est?

pancrace. Ab! seigneur Sganarelle, tout est renversé aujourd’hui, et le monde est tombé dans une corruption générale. Une licence épouvantable règne partout, et les magistrats, qui sont établis pour maintenir l’ordre dans cet État, devroient rougir de honte en souffrant un scandale aussi intolérable que celui dont je veux parler. sganarelle. Quoi donc?

pancrace. N’est-ce pas une chose horrible, une chose qui crie vengeance au ciel que d’endurer qu’on dise publiquement la forme d’un chapeau? sganarelle. Comment ?

pancrace. Je soutiens qu’il faut dire la figure d’un chapeau et non pas la forme, d’autant qu’il y a cette différence entre la forme et la figure, que la forme est la disposition extérieure des corps qui sont animés , et la figure, la disposition extérieure des corps qui sont inanimés; et puisque le chapeau est un corps inanimé, il faut dire la figure d’un chapeau et non pas la forme, (se retournant encore du côté par où il est entré.) Oui, ignorant que vous êtes, c’est comme il faut parler, et ce sont les termes exprès d’Aristote dans le chapitre de la qualité. sganarelle, h part. Jepensois que tout fût perdu, (à Pancrace.) Seigneur docteur, ne songez plus à tout cela... Je... pancrace. Je suis dans une colère, que je ne me sens pas. sganarelle. Laissez la forme et le chapeau en paix. J’ai quelque chose à vous communiquer. Je...

pancrace. Impertinent fieffé!

sganarelle. De grâce, remettez-vous. Je... pancrace. Ignorant!

sganarelle. Eh! mon dieu. Je...

pancrace. Me vouloir soutenir une proposition de la sorte!

SGANARELLE. U a tort. Je...

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