‹ ŒuvresChapitre 503 sur 629 · SGANARELLE, GUSMAN · texte numérisé non relu

SGANARELLE, GUSMAN

sganarf.lle, tenant une tabatière. Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac : c’est la passion des honnêtes gens, et qui vit sans tabac n’est pas digne de vivre. Non-seulement il réjouit et purge les cerveaux humains, mais encore il instruit les âmes à la vertu, et l’on apprend avec lui à devenir honnête homme. Ne voyez-vous pas bien, dès qu’on en prend, de quelle manière obligeante on en use avec tout le monde et comme on est ravi d’en donner à droite et à gauche, partout où l’on se trouve? On n’attend pas même qu’on en demande et l’on court au-devant du souhait des gens; tant il est vrai que le tabac inspire des sentiments d’honneur et de vertu

OU LE FESTIN DE PIERRE

à tous ceux qui eu prennent ! Mais c’est assez, de cette matière, reprenons un peu notre discours. Si bien donc, cher Gusman, que donc El vire, La maîtresse, surprise de notre départ, s’est mise en campagne après nous, et son cœur, que mon maître a su toucher trop fortement, n’a pu vivre, dis-tu, sans le venir chercher ici. Veux-tu qu’entre nous je te dise ma pensée? J’ai peur qu’elle ne soit mal payée de son amour, que son voyage en cette ville produise peu de fruit et que vous eussiez autant gagné à ne bouger de là. uusman. Et la raison encore? Dis-moi, je te prie, Sganarelle, qui peut t’inspirer une peur d’un si mauvais augure? Ton maître t’a-t-il ouvert

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