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ACTE V, SCÈNE III

don carlos. Croyez-vous, don Juan, nous éblouir par ces belles excuses?

don juan. J’obéis à la voix du ciel.

don carlos. Quoi ! vous voulez que je me paie d’un semblable discours?

don juan. C’est le ciel qui le veut ainsi.

don carlos. Vous aurez fait sortir ma sœur d’un couvent pour la laisser ensuite ?

don juan. Le ciel l’ordonne de la sorte.

don carlos. Nous souffrirons cette tache en notre famille?

don juan. Prenez-vous-en au ciel.

don carlos. Eli quoi! toujours le ciel!

don juan. Le ciel le souhaite comme cela.

don carlos. Il suffit, don Juan, je vous entends. Ce n’est pas ici que je veux vous prendre, et le lieu ne le souffre pas; mais, avant qu’il soit peu, je saurai vous trouver.

don juan. Vous ferez ce que vous voudrez. Vous savez que je ne manque point de cœur, et que je sais me servir de mon épée quand il le faut. Je m’en vais passer tout à l’heure dans cette petite rue écartée qui mène au grand couvent; mais je vous déclare, pour moi, que ce n’est point moi qui me veux battre: le ciel m’en défend la pensée; et, si vous m’attaquez, nous verrons ce qui en arrivera.

don carlos. Nous verrons, de vrai, nous verrons.

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