ACTE I, SCÈNE II. H
éraste. Il est vrai, j’ai tardé trop long-temps A m’acquitter vers toi d’une telle promesse:
Riais...
marinette. C.e que j’en ai dit, n’est pas que je vous presse. gros-rené. Oh! que non!
éraste lui donne sa bague. Celle-ci peut-être aura de quoi Te plaire; acceptera pour celle que je doi. marinette. Monsieur, vous vous moquez, j’aurois honte à la prendre. cros-rené. Pauvre honteuse! prends sans davantage attendre;
Refuser ce qu’on donne est bon à faire aux fous. marinette. Ce sera pour garder quelque chose de vous.
éraste. Quand puis-je rendre grâce à cet ange adorable?
1f> LE DÉPIT AMOUREUX,
marinette. Travaillez à vous rendre un père favorable. éraste. Mais s’il me rebutoit, dois-je?...
marinette. Alors comme alors; Pour vous on emploîra toutes sortes d’efforts.
D’une façon ou d’autre il faut qu’elle soit vôtre; Faites votre pouvoir et nous ferons le nôtre. k u \ st k. Adieu, nous en saurons le succès dans ce jour.
[Eraste relit la lettre tout bas.)
mar i v i.tt f , à Gros-René.
F.t nous, que dirons-nous aussi de notre amour?
Tu ne m’en parles point.
gros-René. Un hymen qu’on souhaite, Entre gens comme nous, est chose bientôt faite.
Je te veux; me veux-tu de même?
marinette. Avec plaisir.
gros-rené. Touche, il suffit.
marinette. Adieu, Gros-René, mon désir.
gros-rené. Adieu, mon astre.
marinette. Adieu, beau tison de ma flamme. gros-rené. Adieu, chère comète, arc-en-ciel de mon ame.
[Marinette sort.)
Le bon Dieu soit loué, nos affaires vont bien; Albert n’est pas un homme à vous refuser rien. éraste. Valère vient à nous.
gros-rené. Je plains le pauvre hère, Sachant ce qui se passe.