ACTE II, SCÈNE
Dans ma bouche, une nuit, cet amant trop aimabl Crut rencontrer Lucile à ses vœux favorable,
Et je sus ménager si bien cet entretien,
Que du déguisement il ne reconnut rien.
Sous ce voile trompeur, qui flattoit sa pensée,
Je lui dis que pour lui mon amc étoit blessée, Mais que, voyant mon père en d’autres sentiments Je devois une feinte à ses commandements; Qu’ainsi de notre amour nous ferions un mystère Dont la nuit seulement seroit dépositaire;
Et qu’entre nous, de jour, de peur de rien gâter, Tout entretien secret se devoit éviter;
Qu’il me verroit alors la même indifférence Qu’avant que nous eussions aucune intelligence;
Et que de son côté, de même que du mien,
Geste, parole, écrit, ne m’en dît jamais rien. Enfin, sans m’arrêter sur toute l’industrie Dont j’ai conduit le ûl de cette tromperie,
J’ai poussé jusqu’au bout un projet si hardi,
Et me suis assuré l’époux que je vous di. frosine. Peste! les grands talents que votre esprit possède! Diroit-on qu’elle y touche, avec sa mine froide? Cependant vous avez été bien vite ici;
Car je veux que la chose ait d’abord réussi,
Ne jugez-vous pas bien, à regarder l’issue,
Qu’elle ne peut long-temps éviter d’être sue? ascacne. Quand l’amour est bien fort, rien ne peut l’arrêter Ses projets seulement vont à se contenter;
Et, pourvu qu’il arrive au but qu’il se propose,
Il croit cpie tout le reste après est peu de chose. Maïs enfin aujourd’hui je me découvre à vous.
Afin que vos conseils... Mais voici cet époux.