‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 100 sur 120 · I. Belyunce. i" édition, i8d · texte numérisé non relu

I. Belyunce. i" édition, i8d

Traductions. 373

O toi, dont la barque incertaine S'ouvrit une route lointaine, A travers l'abîme orageux.

Tu bravas d'un œil héroïque L'Africus, l'Hyade et ses eaux, Et le Notus, roi despotique, Qui de la plaine Adriatique Apaise ou courrouce les flots !

En vain, contre toi, tout conspire :

Du Styx tu domptes les torrents, Toi, qui, sous les rochers d'Epire, Au fond du bouillonnant empire.

Vis nager les monstres errants.

En vain la sagesse immortelle Jette, entre les peuples épars.

Des flots la barrière éternelle :

Notre audacieuse nacelle Franchit ces liquides remparts.

Fils de Japet ! ta main brûlante Vole aux dieux le feu créateur :

La Fièvre accourt, pâle et tremblante ; La Mort, boiteuse et chancelante.

Hâte son antique lenteur.

Sur une aile impie et fatale, Dont le Ciel priva notre orgueil.

574 Œuvres de Millevoye.

L'air étonné soutient Dédale ; Et de la demeure infernale Hercule ose tenter le seuil.

Notre démence téméraire S'attaque au maître des humains^ Et les longs crimes de la terre Ne permettent pas au tonnerre De sommeiller entre ses mains.

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