I. Almanach littéraire pour l'an i8o5, p
Traductions. yj^
Et le chevreuil craintif déserta, pour les ondes, Le bois hospitalier.
Nous avons vu les flots reculer vers leur source ; Aux rivages Toscans, le Tibre remonta, Renversa les palais, entraîna dans sa course Les temples de Vesta.
Ainsi, ce fleuve époux, fougueux vengeur d'Ilie, Vers la gauche, à grand bruit, s'élance furieux, Et brise, en mugissant, la barrière établie Par le maître des Dieux.
Entendez-vous frémir, sur nos seins aiguisée. L'arme qui dut frapper nos ennemis cruels, Jeunesse peu nombreuse, ô vous, qu'ont épuisée Les crimes paternels?
Quel Dieu doit invoquer l'empire qui chancelle ? Prêtresses de Vesta, de vos cris superflus , Lasserez-vous Vesta, dont l'oreille rebelle Ne vous écoute plus ?
Parmi tant de forfaits, quelle main inconnue Réserve Jupiter, à finir nos malheurs ? Docte Apollon, descends dans l'invisible nue. Pour essuyer nos pleurs.
O mère des Amours ! toi, par qui tout respire. Guide vers nous ton char suspendu dans les airs !
OEuvres de Mill evoye.
Immortelle Vénus, viens rendre, d'un sourire, Le calme à l'Univers !
Mais, vous, qui, de vengeance et de meurtres avides, Repaissez vos regards, de lambeaux palpitants ; Laissez-nous respirer : les glaives homicides Ont frappé trop longtemps.
Céleste messager. Dieu secourable et juste, Laisse tomber sur nous un regard protecteur 1 Noble fils de Maïa, toi, sous les traits d'Auguste, De César le vengeur!
Dieux puissants, prêtez-nous votre appui. salutaire; Oubliez, parmi nous, l'Olympe radieux ; Et puissiez-vous, heureux du bonheur de la terre. Vous croire dans les Cieux !
Que le coursier du Parthe, amoureux de la guerre, Près de nos murs sacrés, qu'il semble dédaigner, D'un pied dominateur n'insulte point la terre , Où César doit régner !
Traductions. 377
ODE IX, LIVRE un