‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 12 sur 120 · Virgile, Enéide. (Note de l'auteur · texte numérisé non relu

Virgile, Enéide. (Note de l'auteur

2. Découverte d'une nouvelle étoile, peu de jours avant la naissance de S. M. le roi de Rome. {Note de l'auteur.)

64 OEuvres de Millevoye.

A redoublé l'éclat de son disque enflammé;

Et la saison de l'espérance, Jalouse d'assister au bonheur de la France, Remonte, avant le temps, sur son char embaumé.

« De lauriers et de fleurs la tête environnée, Viens ouvrir désormais la marche de l'année, Mois consacré jadis à l'amant de Vénus ^ ! Triomphe, et ressaisis ta guirlande flétrie. Que posa l'ami d'Egérie Sur le double front de Janus !

« Du temple de ce Dieu portes étincelantes ! Fermez-vous à jamais ! Cachez à l'œil mortel Le char de fer, le glaive, et les haches sanglantes, Et du terrible Mars l'inexorable autel.

« Le seuil d'airain, scellé des mains de la Victoire, Recevra les tributs de l'univers soumis : Là, César, au repos condamné par sa gloire, Verra se prosterner ses derniers ennemis.

« Là viendront expirer les haines sanguinaires, Les discordes incendiaires, Et les homicides complots ; Là, viendra se briser la rage - De cette nouvelle Carthage, Turbulente comme ses flots.

I. On sait que, jusqu'au règne de Numa, le mois de mars étaii le premier de l'année.

Poèmes et poésies his toriques. 65

Ivres d'une joie insensée, Ils avaient dit, dans leur pensée :

« Sa race avec lui doit finir.

« Il mourra, le Dieu de la terre !

« Son trône solitaire, « Comme sans héritier, sera sans avenir. »

« Mais leur espoir s'enfuit, tel qu'une ombre légère.

De César le fils adoré, Magnanime héritier des vertus de sa mère,

Du monde est le lien sacré.

Seine ! embellis tes bords, pour la Reine chérie ;

Pose ton urne à ses genoux !

Terre d'hymen, heureuse Austrie !

Cueille pour l'ombrager les myrtes les plus doux !

« Par elle, et le Danube, et l'Oder, et la Sprée, Ont aux flots du vieux Tibre associé leurs eaux;

Par elle, l'olivier d'Astrée, Sur l'univers, Romains, balance ses rameaux.

« Pourquoi l'arrêt des destinées.

De ma gloire enchaînant le cours, A-t-il donc placé mes journées Si loin de ces illustres jours ?

Rome, ô jeune César! sous ton règne prospère. Ne m'eût point vu, de mon vieux père,

Redemander les Dieux et les champs envahis;

Exilé pour jamais de son rustique empire *,

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