‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 11 sur 120 · SUR LA NAISSANCE DU ROI DE ROME · texte numérisé non relu

SUR LA NAISSANCE DU ROI DE ROME

L'airain sonnait : le bronze, éclatant dans les airs, De la naissance auguste informait l'univers. Rome fut attentive : en ses nobles ruines , Tressaillit la cité que fondèrent les Dieux ; Et l'aigle des sept collines Poussa trois cris vers les cieux.

Le Pausilippe, au fond de la grotte lointaine, Les répéta trois fois : et l'immortel rameau Du rival de Mélésigène ^ Frémit longtemps sur son tombeau.

Lui-même, reprenant cette lyre inspirée.

Qui n'a point oublié le nom de Marcellus,

Il s'élance, couvert de la nue azurée,

Des champs de Parthénope aux monts de Romulus.

I, On se souvient qu'Homère, né aux bords du fleuve Mélès, portait, avant sa cécité, le nom de Mélésigène. {Note de l'autetir.)

Poèmes et poésies historiques. 62

O Capitule! sous ta voûte, Il vient chanter l'iiymne aux Romains ! Du fond de ses roseaux, le Tibre ému l'écoute, Et l'urne d'or est prête à tomber de ses mains.

« Reprends, cité de Mars, dit le chantre d'Énée, La pourpre souveraine et l'orgueilleux faisceau : Cesse de déplorer ta gloire détrônée, Tes temples en poussière, et tes Dieux au tombeau.

« Sois toujours cette ville auguste et fortunée , Qu'à la mère des Dieux comparaient mes accents ^ Quand, reine de l'Olympe, et de tours couronnée, Des rois de l'univers elle accueillait l'encens.

« Le Louvre a triomphé du divin Capitole : Lutèce est , en ce jour , la Rome d'autrefois ; Mais Rome est fière encor de régner , sous ses lois, Et, du trône du monde, un berceau la console.

« Sur ce berceau chéri des Dieux, Sont apparus, dit-on, des signes prophétiques :

Ainsi qu'aux jours antiques , Un astre inattendu s'est levé dans les cieux -.

« L'hiver s'enfuit, aux monts de la Scandinavie; Le soleil, père de la vie,

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