I. Almanach des Muses. 1813, p
Où ses larmes payaient le bonheur de la France.
Rendue à ces moments si cruels et si doux ,
Elle voyait encor la pâleur d'un époux ;
Elle entendait encor ce cri : « Sauvez la mère! »
« Jeune reine, lui dit la céleste Bergère,
Lève-toi, viens au temple, en ce jour solennel.
Présenter avec moi ton fils à TEternel !
Je protégeais ce fils, même avant sa naissance ;
Pour lui, dans tes jardins, de parfums embaumés,
Des soleils du printemps je hâte l'influence ;
Pour lui, mes doux agneaux, symbole d'innocence.
En paisibles coursiers désormais transformés.
Captivent le regard des habitants charmés.
J'ai fêté dans les cieux ta pompe nuptiale ;
Un jour, je reviendrai, sur le front de ton fils,
Etendre de mes mains cette onction royale,
Que des cieux autrefois j'apportai pour Clovis. »
Elle dit, et posant la palme tutélaire Sur ce berceau , chargé des destins de la terre , Remonte avec lenteur au céleste parvis.
Des prophètes sacrés la troupe réunie.
Redit ses plus beaux chants d'allégresse et d'amour, Et des lyres du Ciel l'ineffable harmonie , De l'instant fortuné salua le retour.
Jérémie, essuyant ses larmes prophétiques. De sa Jérusalem oublia les malheurs ; Il chantait, et sa harpe aux lugubres cantiques, Pour la première fois, se couronna de fleurs.