‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 62 sur 120 · D 10 GENE · texte numérisé non relu

D 10 GENE

On te crut immortel, à force de le dire.

Et quel fut l'héritier de ton immense empire ?

ALEXANDRE

Je n'en sais rien encor. Seulement, Perdiccas A reçu mon anneau, dont il fait très grand cas. Ou'as-tu donc tant à rire , effronté Diogène ?

DIOGÈNE

C'est que je pense au jour où, sur le trône à peine, Tu vis les Grecs t'offrir le nom de général, Et des douze grands Dieux te proclamer l'égal. Lés autels s'élevaient, à côté de ton trône. Mais qu'a-t-on fait de toi ?

ALEXANDRE

Je suis dans Babylone :

L'orage m'y retient, depuis trois jours entiers. Toutefois, Ptolémée , un de mes officiers. Me promet qu'au beau temps, si le sort nous seconde. Il me transportera dans l'Egypte féconde. Où mon corps, tour à tour détruit, recomposé, Sous les traits d'un dragon sera divinisé.

DIOGÈNE

Ainsi donc d'Anubis te voilà le confrère ! Mais abjure, de grâce, une folle chimère : Rhadamanthe et Minos ne sont pas indulgents. Et Cerbère aime peu qu'on se moque des gens. Sans doute le regret de ta haute fortune

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