‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 83 sur 120 · ODE III · texte numérisé non relu

ODE III

Naguère, à l'instant où la nuit Touche à la moitié de sa course, Et voit tourner le char de l'Ourse, Sous le Boote qui le suit, Je crus entendre quelque bruit, A la porte de ma demeure :

« Qui frappe? Qui vient, à cette heure, Dissiper mes songes heureux?

M'écriai-je. — Ouvre , ouvre au plus vite ; Je ne suis pas bien dangereux.

N'appréhende pas ma visite :

Je suis un pauvre enfant mouillé,

De tout vêtement dépouillé

Je viens te demander un gîte. »

En l'écoutant, mon cœur s'agite;

Je prends ma lampe, j'ouvre, et vois,

Armé d'un arc et d'un carquois,

Un enfant qui porte des ailes.

Il entre : des feux presque éteints

Je rév^eille les étincelles.

Je le caresse, je le plains ;

Dans mes mains réchauffant ses mains.

Je presse, et doucement j'essuie

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