ODE PREMIERE
J'ai voulu chanter tour à tour Cadmus et les puissants Atrides ; Mais ma lyre, aux sons plus timides, Ne m'entretient que de l'Amour.
Vainement , hélas ! l'autre jour , Je changeai les cordes rebelles :
Je chantais les nobles querelles.
Ma lyre soupirait l'Amour.
Adieu donc, adieu sans retour, Héros vantés, fils de la Gloire : * Mon luth, muet pour la Victoire, Ne retentit que pour l'Amour.
1. Publié dans la troisième édition de Bel\unce, 1810. Millevoye avait traduit, dit-on, toutes les odes d'Anacréon ; nous n'en avons retrouvé qu'une partie dans les diverses éditions de ses ouvrages et dans les recueils poétiques du temps.
352 OEuvres de Millevoye.
*ODE in
La Nature, au taureau nerveux, Donna la corne vengeresse ; Au coursier, le pied vigoureux; Au lièvre craintif, Ja vitesse; Les dents, au roi des animaux; Au timide habitant des eaux, L'art de nager avec souplesse ; Une aile rapide aux oiseaux; Aux hommes, enfin, la sagesse.
Pour la femme, il ne reste rien,
Hors la beauté C'est le seul bien
Que la Nature lui confie :
Couverte de ce bouclier, La femme peut tout défier...
Et malheur à qui la défie !