AVIS DE L'ÉDITEUR DE
ILLEVOYE avait commence un poème dont le héros était le fondateur de la monarchie française. D'après le plan qu'il a laisse, et que nous avons sous les yeux, la conception de ce poème était grande; et l'époque, qui est celle oie l'idolâtrie finissait, et oii le flambeau du christiamisme allait briller dans les vieilles forêts des Gaules, était heureusement choisie. Le sujet mettait à la disposition de l'auteur tout ce que les mœurs antiques de nos aïeux présentent de scènes sauvages et de tableaux énergiques, en même temps qu'il lui laissait la faculté défaire contraster avec ces mœurs les coutumes moins barbares des tribus gauloises que la religion avait déjà tempérées par la douce autorité de ses dogmes pacifiques et de ses préceptes de charité.
158 OEuvres de Millevoye.
Si le jeune poète, dont les lettres déplorent la fin prématurée, eût accompli la tâche qu'il s'était imposée, et de laqiLelle nous pouvons juger d'après les sommaires de douze chants qu'il avait presque tous ébauchés, nul doute que Millevoye n'eût élevé un monument dont sa patrie eût pu ^honorer.
Nous ne livrerons pas h l'impression ces ébauches imparfaites, qui sont la plupart le premier jet <fune imagination belle et féconde sans doute, mais auxquelles une attention plus sévère n'avait point donné ce degré de correction sans laquelle il n'est point de véritable poésie : nous avons pensé toutefois que ce serait dérober une guirlande à la couronne funèbre du poète que de laisser ignorés le chant quatrième du poème de Clovis, et un épisode du chant huitième, auxquels nous pensons que le poète avait mis la dernière main. Oîi reconnaîtra sans doute dans le chant quatrième une imitation de lune des plus belles fictions du Tasse; mais on remarquera aussi les heureux efiforts que Millevoye a faits pour approprier cette situation aux mœurs de V époque et au caractère belliqueux de son héros. L'épisode nous paraît ingénieusement conçu par les contrastes qu'il présente, et la couleur tendre et religieuse qui y domine. Les sommaires, dont nous avons fait précéder ces deux fragments, en feront mieux co7inaître le sujet au lecteur.
CHANT QUATRIÈME