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Livre un champ spacieux au soc de la charrue

Vers le septième soir, le paSvSant étonné

En vain chercha les murs du temple abandonné :

Un moment, il parut demeurer dans le doute ;

Il se crut, un moment, détourné de sa route.

Mais déjà, sous la pierre où son sang a fumé,

L'idolâtre Hélénor reposait inhumé :

Autour de son tombeau s'élevait, d'heure en heure,

De celle qu'il aima la future demeure.

Clotilde, à ces travaux, préside assidûment;

Elle-même en posa le premier fondement.

Le prêtre, par trois fois, a parcouru l'enceinte;

Autour de lui, sa main répandant l'onde sainte.

Par trois fois a béni ces lieux purifiés.

Les longs arceaux du cloître au loin sont déployés :

Le circulaire enclos des étroites cellules

Poèmes héroïques. 189

Se partage, tandis que les hauts vestibules Annoncent au regard l'aspect plus imposant De l'habitacle auguste où Dieu sera présent. La chapelle bientôt verra la croix dorée Éclater au-dessus de l'ardoise azurée; Bientôt la flèche aiguë, ornement de ses toits, Dépassera dans l'air le front même des bois. Industrieuses mains, redoublez de courage! A la voix de la reine, achevez son ouvrage. Marbre éclatant, revêts le sol poudreux encor; Temple, fais rayonner les candélabres d'or; Autel, couronne-toi de pieuses reliques; Cellules, oniez-vous d'images symboliques ! Et, toi, descends du Ciel, jour de solennité. Où, dédiant son cloître à la Divinité, Clotilde, des vertus rehgieux exemple, Viendra, par sa présence, inaugurer le temple, Et d'un premier encens allumé de ses mains Embaumer jusqu'au soir l'arche du Saint des saints!

C'est là qu'à sa douleur comme à ses vœux fidèle, Ildegonde, avant peu, réunira près d'elle v

Plus d'une vierge en deuil, humble et simple de cœur. Qui n'a plus pour abri que le toit du Seigneur; La veuve au désespoir, l'épouse abandonnée, Plus triste que la veuve et plus infortunée. Et ces filles du sort, qui, sans biens et sans nom, Vivent dans le malheur, meurent dans l'abandon. C'est là que, chaque nuit, à l'heure solitaire Où d'Hélénor brisé le sang teignit la terre,

ipo OEuvres de Millevoye.

Ildegonde, quittant l'asile du sommeil,

Les pieds nus, l'œil en pleurs, jusqu'aux feux du soleil,

Ira gémir au temple; et lorsque, rassemblées,

Ses sœurs par la prière y seront rappelées,

La royale recluse, étouft'ant ses sanglots.

Entonnera le chant de l'éternel repos.

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