COUPLETS DE FETE
A madame Clotilde Dr. . .
L'esprit est toujours inspiré, Quand du cœur il est l'interprète :
C'est en chemin, je l'avouerai, Que j'ai fait mon bouquet de fête.
M'occuper d'un sujet si doux Abrégea le chemin sans doute :
Lorsque l'on travaillq pour vous.
On ne doit pas rester en route.
Clotilde plaît par l'enjouement Qu'un grain de finesse assaisonne;
I. Ces couplets inédits ont paru dans l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, n" du 25 novembre 1878. Millevoye n'avait pas vingt ans, quand il les composa. M. Ad. Dr..., qui a publié cette pièce adressée à sa grand'mère, dit à ce sujet : « Mon père m'a souvent dit que Millevoye était commis de librairie, à l'époque où il l'écrivit. »
260 OEuvres de Millevoye.
Son esprit est un peu méchant, Mais son âme est sensible et bonne.
Le choix encore est suspendu Entre son esprit et son âme; Elle pratiqiie la vertu, Comme elle fait une épigramme.
L'autre jour, elle plaisantait Ma coiffure et mes papillotes ; Mais je ne puis, pour un toupet.
Me fâcher à propos de bottes ; Faisons la paix, il en est temps.
Mais ne blâmez plus ma frisure :
Tournez les têtes, j'y consens.
Mais faites grâce à ma coiffure.
Clotilde a tout, grâce, bon ton ; Des femmes aimable modèle, Elle a jusqu'au talent, dit-on.
De rendre son époux fidèle ; Bonne mère, de ses enfants Elle cultive le jeune âge.
Et pour les rendre plus charmants, Elle les forme à son image.
Chansons. 261