I. Inédit; d'après la pièce autographe
274 OEuvres de Alillevoye.
Mais mon cœur ne saurait se taire, Et j'entends répéter ton nom.
Je ne sais par quelle magie L'écho sans cesse le redit...
Ah ! si tu yeux que je t'oublie, Permets-moi d'attendre la nuit.
La nuit vient fermer ma paupière; Soudain, dans un rêve enchanteur, Il me semble, ô douce chimère.
Que je te tiens contre mon cœur.
De t'oublier, ma douce amie, Tu vois que je m'efforce en vain...
Ah ! si tu veux que je t'oublie, Permets-moi d'attendre à demain.
Mais demain renaîtra l'aurore;
La rose charmera mes yeux;
Je t'entendrai nommer encore
Par un écho mystérieux.
Et comme les jours de la vie
Sont tous semblables dans leur cours,
Ah ! si tu veux que je t'oublie.
Permets-moi d'attendre toujours.
Chansons. 275
* ABENZILAi
Chanson arabe.
Abenzila ! sors de ta rêverie ; Dirige-toi vers les bords du ruisseau : De Bénamar, tu fus longtemps chérie ; De Bénamar, j'aperçois le tombeau. »
C'était ainsi qu'avec un froid sourire D' Abenzila parlait l'époux nouveau.
Il ajouta : « Je veux bien y souscrire, « Donne un salut à son humble tombeau.
« Il te disait, à son heure dernière : « Un jour, passant près des bords du ruis.sèau « Donne un salut à ma triste poussière, « Et devant toi s'ouvrira mon tombeau. »
« Eh bien ! vo3'ons s'il tiendra sa promesse. » Abenzila détourne .son chameau.
Soupire, et dit : « Objet de ma tristesse, Salut de paix à ton humble tombeau ! »