L'ANE TROP CHARGE
Fahle.
n homme avait un âne, et grand et vigoureux. Cet homme avec sa femme allant dans un village,
Janot doit être du voyage,
Jandot oit aller avec eux,
Janot doit porter le bagage.
Pauvre Janot, que je te plains D'avoir affaire à de tels inhumains !
Un sac, deux sacs, trois sacs, puis encor la fermière :
Pauvre Janot, tu vas rester derrière.
Coups de pied, de bâton, de bride, vont leur train. « Allez, Janot ! — Tiens, femme, encore cette balle ?» Le baudet trop chargé resta dans le chemin ; Le fermier y perdit son âne et son latin.
I. Cette fable, écrite par Millevoye avant l'âge de treize ans, fut imprimée," quelque temps après, dans l'un des premiers numéros du Bulletin de la Société d'émulation d'Abbeville.
306 Œuvres de Millevoye.
Bien loin je cherche ma morale Et je la trouve sous ma main :
Qui trop embrasse, mal étreint.
* PLAIINS-MOI 1
Toi qui me préféras un jour, Toi qui tiens mon âme asservie, Plains-moi de conserver la vie Et d'avoir perdu mon amour.
Plains-moi de cette indifférence, Qui trop longtemps ferma ton cœur ; Plains-moi de ta longue rigueur.
Plains-moi surtout de ma vengeance.
Élise m'a donné sa foi; Ma raison n'a pu se défendre.
Car Élise est un peu plus tendre Et presque aussi belle que toi.
Plains-moi de la chaîne fatale Qui doit nous séparer tous deux; Plains-moi du malheur d'être heureux Entre les bras de ta rivale.